performance creates its own concepts!
En me penchant sur l’analyse des pratiques de certains des chorégraphes qui participent à 6M1L, j’envisage de profiter de ces 6 mois pour enrichir le Doctorat que je prépare autour de la manière dont la performance contemporaine crée ses propres concepts. Il s’inscrit dans un projet commencé à l’automne 2006 à l’Université de Middlesex à Londres qui s’intitule : La performance après Deleuze : Créer des “Concepts performatifs” en danse contemporaine en Europe.

Faire, présenter, créer ou assister à un spectacle implique de nos jours des processus d’expressions et de constructions qui montrent que la performance devient moins un acte qu’une mise en acte de virtualités : un événement des sens et de la pensée. Qu’implique un spectacle qui pousse à penser ? Comment mettre en place une stratégie de travail permettant d’éveiller des questions problématisées ? Est-ce que nos concepts – ceux que nous utilisons sur le plan technologique, linguistique, critique ou ontologique – ne sont pas autant de produits de la “feinte”, un mode particulier du “prétendre savoir” qui permette de continuer à imaginer un non savoir de l’expérience ? Et, qui est la personne qui feint de savoir ? L’interprète, le créateur ou son public ? Le spectacle est-il capable de mettre en place un processus de transformation, opérant une mutation des passions en “affects-actifs”, en actions qui permettent une individuation du public en spectateurs ?, etc. Ces questions fondent le cadre de ma recherche. J’explore des notions communes aux pratiques de la performance contemporaine – notions parfois surdéterminées et pourtant techniques comme le “matériau”, le “procédé” – mais aussi des concepts qui n’ont pas encore été employés dans la théorie de la performance contemporaine et que j’invente à cet effet, tel que “problème-concept”, “événement-concept”, “affect-actif”, “feindre”, “détournement”, etc.

Cette recherche se focalise sur six performances : 50/50 (2004) de Mette Ingvartsen, Untitled (2005) et Self-Unfinished (1998) de Xavier Le Roy, Théâtre-élévision (2003) de Boris Charmatz, Weak Dance Strong Questions (2001) de Jonathan Burrows et Jan Ritsema, et Powered by Emotion (2004) de Mårten Spångberg. Pendant 6M1L, j’étudierai aussi un ensemble de textes de références de Deleuze qui sont les sources de mon Doctorat (Spinoza et le problème de l’expression, Différence et Répétition, Logique du Sens, Cinéma I. Image-Mouvement et Cinéma II. Image-Temps). À ces textes s’ajoutent Process and Reality d’Alfred North Whitehead et Essays in Radical Empiricism de William James. Je partagerai régulièrement ces sources avec les autres participants de 6M1L et ex.e.r.ce lors de lectures et conférences centrées sur les “concepts-performatifs” qui feront l’objet de mon analyse.
Mon travail de recherche sera présenté publiquement sous la forme d’entretiens informels avec Jonathan Burrows, Boris Charmatz, Mette Ingvartsen et Xavier Le Roy. Durant ces temps particuliers, nous analyserons ensemble leur chorégraphie, en nous autorisant à penser à haute voix devant le public.

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