absent performer
J’aimerais être une interprète absente, une présence non-présente dans le travail d’autres personnes. Je suis souvent confrontée à l’influence que peuvent avoir sur mon corps et sur mon travail des personnes dont la contribution intime et cohérente n’est pas reconnaissable en soi. J’aimerais activement représenter ce phénomène.
Mon image et/ou ma voix seront disponibles lors du processus, mais je serai absente lors de la performance live. C’est aussi une manière d’abandonner le contrôle de mon image et de mon identité en tant qu’interprète, un défi que je trouve beaucoup plus intéressant lorsqu’il est virtuel que lorsqu’il est mis en pratique.

practice : making sense and the ppp’s
Souvent les lois du marché, les standards, les esthétiques exigent de l’artiste qu’il produise un produit consistant. La nature fragile de la performance live, et la propension des personnes à changer font de cette consistance un paradoxe difficile à obtenir. Les artistes habitués à la scène trouvent des moyens de réorienter l’attention, soit en imaginant à nouveau les standards existants afin qu’ils reflètent mieux leurs principes, soit en adaptant leurs principes aux standards qu’ils cherchent à maintenir. Il me paraît intéressant de prendre en considération les principes que les artistes tirent de leur expérience, d’identifier les transformations au niveau de ce qui fait sens, et de voir les répercussions de ce changement sur le travail de l’artiste.

J’appelle “pratique” la sélection active et le fait de déterminer les priorités d’information. Défini de cette manière, l’acte de faire devient un symptôme de la pratique. La pratique artistique existe indépendamment de ce que l’artiste produit. Puisqu’il y aura plusieurs processus en cours lors des six mois de travail partagé entre 6M1L et ex.e.r.ce, certaines méthodes pratiques développées par les artistes seront absorbées par les méthodes pratiques des autres artistes. Je suis intéressée par la contamination, les produits dérivés et les recyclages qu’un environnement aussi complexe peut permettre.
Le “Personal Performance Practices” (PPP) agirait comme un plus petit écosystème d’information à l’intérieur d’un environnement plus large. L’évolution (ou non) du PPP est adaptée à la capacité des interprètes à sentir ce qui “fonctionne” lors d’ une performance (leur sens de ce qui est trop long ou court, juste bien, ennuyeux, drôle, honteux, inutile, parfait, prétentieux, mélodramatique, précis, etc).

Les deux projets ont un rapport aux influences cachées ou obscures : dans le PPP ceci est exprimé par mon intervention dans le travail d’autrui, générant une influence sur l’artiste. Avec The Absent Performer, cette influence souterraine est exprimée dans le rapport entre mon intervention dans le processus de travail d’autrui et mon absence dans la phase de représentation. Jusqu’à quel point l’auteur efface ma présence originelle ?

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